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CHRONIQUES DU MARAIS

A propos de l'auteur

 L’auteur des Chroniques du Marais est parisien, anonyme, bientôt trentenaire, nouvelliste, romancier et chroniqueur.

« Paris, c’est le berceau de mon inspiration, Paris m’a donné envie de vous livrer les chroniques de quelques personnages dont les aventures ont très souvent pour cadre ce microcosme parisien si particulier qu’est le Marais.
Ces chroniques, légères, à savourer sans modération, sont les aventures et complications sentimentalos-amoureuses de plusieurs personnages : Mathieu, l’artiste-fonctionnaire torturé par la réussite de ses deux anciens grands amours ; Baron, l’étudiant américain à Paris qui dévale les rues sur Pétunia ; la belle et mystérieuse Erika qui hésite entre les amours masculines et les amours saphiques ; le joli petit Hector qui danse sans retenue sur Kylie Minogue… et d’autres, des rencontres d’un soir, les ex qui rodent…
Je vous livre , masqué, ces chroniques, et bientôt en exclusivité sur Gaypodcast.fr. »

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   Mathieu, loin de Paris (1)  3 commentaires
[27/07/2008 12:36]

Mathieu laisse le soleil hâler sa peau. Au bord de la piscine, seul en la demeure parentale, Mathieu essaye de rêver au futur et de ne plus se laisser assaillir par un passé qu'il est désireux d'oublier.

Mathieu est jeune, encore. Les yeux rivés sur son corps qui bronze, il profite de l'un de ses rares moments de solitude pour compter ses amants, ses amours, ses joies et ses blessures. Malgré ce cadre tout idyllique - une jolie piscine, du soleil et une grande demeure vide à côté de la mer - Mathieu a mal dormi et se demande quel chemin est en train de prendre sa vie.

Mathieu aime les livres et la beauté. On lui prédisait un grand avenir, mais, force est de constater qu'à 26 ans, il n'est ni ce grand acteur ni ce grand écrivain qu'il avait rêvé d'être. Non, ni gloire ni aura resplendissante autour de son nom ou de sa personne. Non pas qu'il ait raté sa vie : Mathieu a tout de même bac + 5. Après sa maîtrise de lettres et d'arts du spectacle, il a passé le concours de "Documentaliste". C'est loin de ses premiers rêves de gloire. Mathieu qui par sa beauté, son intelligence et sa finesse, peut se fondre dans tout milieu, dresse le bilan de sa vie parisienne faite de rebondissements sentimentalo-sociaux.

Ses deux grands amours réussissent, le premier dans la comédie, le second dans le journalisme. Comme Mathieu est lassé de voir ses ex réussir, il a décidé de prendre les choses en main et d'écrire ce grand roman qu'il porte en lui afin de devenir, lui aussi, un nom adulé et de ne pas rester seulement cette beauté, séduisante certes, mais qui  se fanera vite. Déjà les rides se creusent autour des yeux et des commissures des lèvres. Déjà ses amants de 19 ans lui parlent comme s'il était un sage. Mais lorsqu'il se promène avec Baron ou ses autres amis, on lui dit encore "Garçon". C'est rassurant !

Mathieu a mal dormi car, hier, il a entendu Florian animer sa chronique radio. Cela fait 9 mois, et Mathieu n'a toujours pas réussi à l'oublier. Les succès successifs de Florian rendent Mathieu amer : tout lui sourit, et à côté de lui, même s'il sait qu'il ne vend pas son cul au diable contrairement à son ex, Mathieu se sent raté. Jamais, lorsqu'il avait 20 ans, il n'aurait pensé qu'il se sentirait un jour raté.





   Baron (2)  2 commentaires
[27/07/2008 12:52]

Lorsque Baron arriva à Paris, il ne pensait pas y rester plus d'un an. Baron était venu en voyage d'études pour un échange entre sa fac new-yorkaise et la fac de droit. Mais Baron est tombé amoureux de Paris, et n'en repartira que si Hortefeux restreint encore ses quotas déjà drastiques.

Baron vit rive gauche. Il a une Vespa, il l'a surnommée Pétunia. Tous ses petits objets ont un nom d'ailleurs : sa nespresso, c'est Melinda, son téléphone, c'est Guéraud. Baron a un duplex, oh pas immense tout de même, mais très cosy. Baron excelle dans la connaissance de la langue française. Son accent est imperceptible et il ne fait que quelques erreurs de genre telles que "la lavabo" ou "le machine à laver". Mathieu aime bien railler tendrement Baron sur ses fautes de genre tout en admirant sa connaissance et sa maîtrise extraordinaire de la langue française.

Mathieu est le meilleur ami français de Baron. Ils se sont rencontrés très vite par l'intermédiaire d'une amie commune et depuis, ils déambulent sur Pétunia dans les rues parisiennes. Parfois ils jouent à Eddie et Patsy boivent beaucoup de verres, prennent du Lexomil et sortent dans les dédales nocturnes du Marais. Baron et Mathieu s'amusent bien ensemble, surtout lorsqu'ils sont tous les deux célibataires.

Baron sort de chez Monoprix, les mains chargées de courses quand son téléphone sonne. C'est Mathieu !









   Baron, Arthur et Elisa (3)  0 commentaires
[28/07/2008 11:39]

Du bord de la piscine, quelque peu ennuyé par son livre, quelque peu malmené par ses mauvais rêves et ses pensées nostalgiques sur Florian, Mathieu appelle Baron qui, lui, a le privilège de flirter avec les rues de Paris plutôt que de brûler au bord d'une piscine familiale dans un bled presque barbare. Il a eu un message de Baron dans la nuit qui lui stipulait de le rappeler.

Baron décrocha:

- Patsyyy, gloussa Baron.

-Ediiiiiiiiie,

- My dear, shall we lunch together today ?

- We can't, I'm in uncivilized territory

- OOooooh !

Baron et Mathieu s'esclaffent en même temps et arrêtent de jouer à Absolutely Fabulous pour entreprendre une conversation normale.

- Comment ça va mon cher? demanda Baron, Paris est sinistre et bruyant. Je suis furieuse contre Delanoé

- Furieux pas furieuse

- Oui oui, figure-toi que Paris Plage, ce petit tas de sable gluant fait une tintamarre de toutes les diables, et puis il n'y a que des gens qui prennent le RER, on ne peut plus se promener sur les quais. Ils font chier !

- UN tintamarre de touS les diables ! Effectivement, c'est pas le même trip au bord de la piscine ! Quoi de neuf sinon? J'ai eu ton message.

- Oui, il faut que je te raconte. Mais j'ai encore eu une contravention avec Pétunia. Figure-toi que c'est parce que je m'étais garé sur l'accès pompier devant le Louvre, mais d'où j'arrivais on ne voyait pas le panneau. Trois en 4 semaines, c'est tellement exagéré ! Et toi, tout va bien là-bas?

- Oui oui. je bronze, je lis, je vais à la plage... c'est calme, mais caaaalllllllmmmmme. En fait, je suis un peu déprimé, j'ai entendu Florian sur les ondes... même si ce n'est pas très glorieux une chronique people...

- Ah, comment l'as-tu su? je ne voulais pas te le dire...

- Il me l'a dit. Je l'ai eu au téléphone... Bref. Paris me manque! Ici, impossible de trouver un petit amant. As-tu eu des nouvelles d'Elisa?

- Oui.

Baron, il y a un an de cela avait détourné l'un de ses jeunes professeurs. Ce dernier n'était pas du tout homosexuel. Arthur était trentenaire et n'avait eu avant Baron pour toute expérience qu'une brève zizi party avec l'un de ses potes de lycée quand il avait 17 ans. Baron et Arthur sortirent ensemble trois mois. Baron l'avait détourné, ou plutôt permis de voir quel était son vrai chemin. Trois mois d'aventure qui se soldèrent par une rupture presque attendue. Outre le fait que Baron était relégué dans l'anonymat le plus total auprès des amis et connaissances d'Arthur qui n'assumerait jamais cette relation honteuse, un soir au restaurant Baron se vit entendre dire qu'il fallait que cette relation cesse, qu'Arthur préférait les filles, que c'était trop compliqué. Il n'en fallut pas davantage à Baron pour quitter la table, le restaurant et laisser Arthur l'hétérosexuel en plan.

Cette année Arthur n'était plus son professeur mais Baron comptait parmi les autres élèves de sa promotion une fille dont il avait appris qu'elle était la petite amie d'Arthur. Ils n'avaient aucun contact direct mais des accointances. Dans un accès de bavardage, Baron, pourtant discret sur cette relation, avait dû évoquer Arthur et leur histoire... Un soir, alors que Baron consultait tranquillement ses mails dans son duplex de la Rive-Gauche, il reçut un message Facebook de cette fille, Elisa. Cette dernière lui parlait d'une "connaissance commune" et lui demandait de faire cesser ses bruits. Lorsque Mathieu partit en vacances l'histoire en était restée là. Baron lui avait répondu qu'il ne voyait pas de quoi elle parlait et lui demandait d'être plus explicite.

- Nous nous sommes vus pour prendre un café, dit Baron. Elle a tout découvert : je ne sais comment c'est revenu à ses oreilles par une fille de la promo et elle est tombée des nues. Elle m'a envoyé un autre message nommant Arthur et m'a imploré de prendre ce café.

- Tu as accepté?

- Oui. Elle m'a fait beaucoup de peine. Je lui ai raconté notre histoire avec Arthur dans les grandes lignes. Il va de soi qu'il ne lui avait parlé de rien. Elle venait d'en avoir vent par une fille de la promo.

- Toujours pareil avec les hétéros. Nous n'avons jamais existé malgré des messages fleuris à n'en plus finir et bien qu'ils soient les plus adeptes de la sodomie ! Bien sûr ils ne sont pas homosexuels, nous sommes le seul et unique amour. C'était toujours comme ça quand j'étais avec Yann.

- Oui, quels connards ! j'ai essayé de ménager la fille. Figure-toi qu'elle vit exactement la même chose que j'ai vécue en fait. Elle est victime d'ostracisme ! C'est bien ça le mot?

- Oui

- D'ostracisme donc ! Il ne la présente à personne, elle ne connaît aucun de ses amis ! Il la cache parce que c'est l'une de ses étudiantes. Et elle est amoureuse la pauvre...

- La pauvre !

- J'ai essayé d'être diplomate. Figure-toi qu'après le café, j'ai reçu un mail d'Arthur. O-di-eux ! Elle l'avait interrogé à notre sujet. Il était très en colère et me demandait de la fermer !

- Quel connard !

- Oui, quel connard ! Oh ! Il faut que je te laisse mon chéri, il y a une pervenche qui en veut à Pétunia. On se rappelle... je t'embrasse fort.

Une fois raccroché, Mathieu demeura pensif. Florian avait disparu de ses pensées et soudainement il se souvint de Yann, son autre grand amour parmi ses 34 amants. Yann était bisexuel et passait son temps à draguer des filles sous les yeux de Mathieu pendant des soirées.











   Mathieu et Yann à La bibliothèque (4)  0 commentaires
[29/07/2008 19:09]

Après un rafraîchissant plongeon dans la piscine, Mathieu s'allonge à nouveau sur le transat et tout en fumant une cigarette le temps de sécher, il se laisse emporter par le souvenir de Yann.

Ils s'étaient rencontrés en des temps antiques. Mathieu avait 21 ans. Depuis peu, Mathieu se rend compte qu'il n'a plus 21 ans mais a l'impression que son miroir lui renvoie toujours le même reflet. Et pourtant... C'était les insouciantes années d'université, où il passait beaucoup de temps en bibliothèque.

Croire que passer beaucoup de temps dans les bibliothèques parisiennes, c'est s'assurer la réussite à des concours telle l'agrégation, serait naïf. Déjà, on y fait la queue, une heure en moyenne, deux souvent, surtout le dimanche à Beaubourg. Une fois qu'on y est entré, on fait une pause café-clope pour se donner du courage. Ensuite, on recherche une place stratégique pour agrémenter la lecture aride des précis de phonétique historique ou de grammaire du XVIe siècle grâce à un environnement un peu plus glam. Du coup, on a déjà dilapidé beaucoup de temps. Lors de sa première année d'agrégation, avant qu'il ne se rabatte sur le CAPES de Documentation, Mathieu a observé presque quotidiennement ce rituel.

Par un froid jour d'hiver, alors qu'il arrive quelque peu déprimé et découragé par l'affluence devant la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Mathieu est prêt à rebrousser chemin. Mais il aperçoit un regard bleu et perçant posé sur lui avec insistance. Il observe ce garçon blond au look un peu extraverti, affublé d'un de ces pantalons bigarrés et serrés, à la mode à l'époque, et se met derrière lui, troublé, dans la queue. Le blond se retourne plusieurs fois en fixant Mathieu.

Mathieu en est tout troublé. Il a face à lui une espèce d'incarnation de son idéal et s'étonne que cet idéal puisse devenir réalité. Le blond entre avant lui dans la bibliothèque. Arrivé dans la salle de travail, Mathieu ne trouve pas de place près du garçon blond ; trop de monde. Il doit s'installer tant bien que mal dans une autre rangée d'où il ne peut pas le voir. Alors qu'il est penché sur son livre, il relève la tête et voit le blond qui passe dans l'allée tout en le fixant intensément. C'était trop tard, Mathieu était amoureux, et deux années de liaison rocambolesque allaient commencer.

Cette rencontre a eu lieu peu avant les vacances de Noël qui signifient le retour en Province dans la demeure familiale ; deux semaines sans revoir ce garçon qui déjà l'obsède et qu'il ne recroisera sûrement pas.

Au retour des vacances, Mathieu se rend plein d'espoir à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. En vain, pas de trace du joli blond qui pourtant phagocyte ses fantasmes. Mais à la mi-janvier, alors que Mathieu a déjà perdu l’espoir de le revoir et qu'il arrive devant la bibliothèque, il voit le garçon blond qui, lorsqu'il croise le regard de Mathieu se met à sourire sans complexe. Mathieu est accompagné de Pierre-Alain, ex petit ami et meilleur ami officiel de l'époque. Mathieu ne peut cacher son excitation en s'installant à la fin de la queue. Pierre-Alain, jaloux, qui, alors, n'a toujours pas digéré la rupture pourtant ancienne de plusieurs mois, s'agace et propose à Mathieu d'abandonner la bibliothèque et d'aller se promener dans le Marais. Face au refus de Mathieu, il part en fulminant.

Le blond est au tout début de la queue et rentre alors que Mathieu a encore un long moment à attendre. Mathieu ne sait pas draguer. Il sait quand il plait mais est incapable d'entamer la conversation. Il faut que ce soit l'autre qui vienne vers lui pour le mettre à l'aise. Si Mathieu était un peu plus dégourdi et moins timide, le nombre de ses amants ne serait pas de 35 mais ferait au moins le double. Cette fois-ci Mathieu a pris sur lui, encouragé par les regards explicites et le sourire franchement adressé du beau blond. Après une heure grelottante d'attente, Mathieu entre enfin. Arrivé dans la salle de lecture, il voit le garçon, les yeux rivés devant un écran d'ordinateur du catalogue des fonds. Il va droit sur lui et s'accroupit à ses côtés en lui bredouillant un "bonjour" fébrile. L'autre lui adresse un grand sourire et lui répond. Le problème, c'est après le "bonjour" : que dire? Mathieu, au lieu de se présenter simplement, lui prodigue un pitoyable "J'ai très envie de faire ta connaissance" qui a au moins le mérite de faire franchement rire l'autre.

- Je m'appelle Yann, lui  répondit l'autre encore tout souriant

- Moi Mathieu

- On peut faire une pause ensemble dans une heure si tu veux...

Une voix tonitruante tire Mathieu de ses rêveries du passé.

- Tu as laissé la cafetière allumée ! Tu ne fais attention à rien vraiment ! vocifère sa mère depuis le seuil de la porte.

La protubérance qui commençait à poindre dans le boxer de bain de Mathieu ramollit illico. Il se lève et, mécontent, se dirige vers la maison pour éteindre la cafetière.
 


   Baron prend le métro (5)  0 commentaires
[30/07/2008 23:25]

Il arrive parfois à Baron de prendre le métro et de délaisser Pétunia. Revenant de la préfecture, Baron entre dans une station de métro afin de découvrir les joies de la foule et de la communauté.

Tout d'abord Baron n'a évidemment pas de Pass Navigo. Il observe, sceptique, la file au seul guichet ouvert. Ah! Il commence à attendre avant de se rendre compte qu'il y a une espèce de machine automatique qui doit bien distribuer des tickets. Il enfile soigneusement ses gants avant de toucher à cette chose qui s'est vue avilie par tant de doigts poreux et sales. Baron pense à tous les hommes qui ne s'essuient pas après être allé aux toilettes, par exemple, et ressent un vague sentiment de dégoût.

Mission accomplie, Baron, son ticket en main, l'insère dans la machine puis regarde, étonné, un plan quand il se fait bousculer par une pondeuse à poussette ! Baron peste haut et fort contre cette tyrannie de la natalité ambulante. Une fois arrivé sur le quai, Baron attend la rame en observant le quai d'en face sur lequel il aperçoit un charmant jeune homme qui semble lui faire les yeux doux. Baron se trouve beau et très classe, au moins un garçon sur deux se retourne sur lui dans la rue, et un sur trois doit bien en tomber amoureux.

L'entrée dans la rame est une plongée dans les Enfers. Outre la terrible et odieuse chaleur, Baron se retrouve coincé entre un homme atteint de surcharge pondérale qui passe son temps à essuyer des perles de sueur sur ses joues bouffies et deux adolescentes qui mangent de ces dégoûtantes « croustilles » à l'oignon en écoutant leurs I-pod.

Au bout de trois stations, alors que Baron, asphyxié par cette foule oppressante, se décide à sortir et à prendre un taxi, une grande partie de la masse descend et, finalement, il trouve un siège dans un carré. Encore 4 stations. Il est à côté d'une vieille dame et face à un ado de 14 ans tout au plus qui lit une bande dessinée. Encore 3 stations. Baron attrape un papier dans son sac afin de s'en faire un éventail. Deux stations... arrivée. Son voisin d'en face lui cède le passage et descend en même temps que lui.

Sur le quai, l'amateur de BD le dépasse et lui tient la porte de la sortie tout en le fixant. Baron l'en remercie et s'apprête à souffler de soulagement d'avoir survécu à ce trajet cauchemardesque quand dans les escaliers, l'amateur de BD se retourne et tout en le gratifiant d'un sourire lui demande "Vous allez où ?". Surpris de tant d'aplomb de la part d'un ado si jeune, Baron répond naturellement "Mais chez moi...". Le garçon lui répond un "Ah bon d'accord" et le gratifie d'un sourire de déception. Baron, désemparé de se faire draguer si explicitement par un garçon si jeune, se dépêche de rentrer dans son duplex afin de se remettre de ses émotions et se sert un cognac tout en se disant qu'il n'aurait jamais, a à peine 14 ans, oser draguer sans retenue un garçon jeune certes mais adulte tout de même.


   Les amants déniés (6)  0 commentaires
[01/08/2008 1:21]

Baron, en train de prendre un café et de fumer une cigarette sur son canapé, ouvre sa messagerie électronique sur son MacBook et découvre un mail d'Arthur. Baron n'avait pas eu de nouvelles de son ex-amant hétérosexuel depuis des mois, et après son entrevue avec Elisa, il redoute le pire.

Le mail, froid et impératif, signifie à Baron de ne pas se mêler de sa vie à l'avenir et de bien vouloir ne plus ébruiter leur histoire passée. Supplique qui laisse Baron furieux.
Il prend le téléphone pour joindre Mathieu et lui faire part de sa colère.


- My dear, ça va?

- Bof, répondit Mathieu à l'autre bout du fil. J'en ai marre. Ici, c'est reproche sur reproche.Quand j'essaie d'aider pour débarrasser la table, je me fais engueuler parce que je n'ai pas utilisé le sopalin pour ramasser les débris avant de passer l'éponge. Quand je range la vaisselle, ma mère est derrière moi pour re-ranger parce que c'est mal fait, etc. Du coup, je ne fais rien puisque rien ne va et là, je me fais engueuler parce que je ne fais rien. Un cercle vicieux ! Je n'en peux plus, je veux rentrer à Paris.

- Ah... je suis désolé. Moi, je suis très en colère après Arthur. Ce con m'a envoyé un mail pour me dire de me taire. Comme si nous n'avions rien vécu !

- Oh. Tu sais, oublie. En plus tu ne l'aimais pas... c'était pareil avec Yann, hormis les gens qui nous connaissaient tous deux, les autres ne savaient rien de son passé... je n'existais pas. Tu as du temps que je te raconte un épisode qui m'est arrivé après notre rupture?

- Oui, bien sûr. J'ai mon Power Plate dans une heure seulement !

- Ok, ça va être un peu long. Après l'avoir quitté, je ne voulais plus le voir pendant un moment. Puis, après plusieurs mois, nous sommes allés prendre un verre. C'était ambigu, forcément. Nous avons commencé à nous revoir puis très vite nous avons eu une liaison, plus ou moins régulière et totalement dé-sentimentalisée. On couchait ensemble assez régulièrement mais nous n'attendions plus rien l'un de l'autre. IL m'invite à son anniversaire. Là, je me retrouve à une fête où je ne connais presque personne. Il y a tous ses nouveaux amis du théâtre, toute sa nouvelle vie. Restent quelques fantômes du passé dont Pierre-Alain, la soeur de Yann et quelques autres. On est une grosse vingtaine, peut-être trente. Pendant la soirée, je parle avec une fille un peu tapée, en Arts du spectacle, une brune assez jolie, légèrement ronde, avec un chapeau, des bottes un  peu vulgaires... la fille qui veut se donner un style... mais sympathique. Là, elle commence un discours un peu surréaliste, disant que Yann est fêlé mais génial... je ne sais plus trop. Puis elle me demande "Vous vous connaissez comment avec Yann?". Du tac au tac et en toute simplicité, je lui réponds qu'on sort d'une relation un peu tumultueuse de deux ans et qu'on est encore des amants occasionnels ! Elle manque de s'écrouler sous le poids de son chapeau. "Quoi?" bafouille-t-elle... Je sens la gaffe à plein nez. Elle explose d'un rire hystérique en répétant que "c'est vraiment surréaliste !  surréaliste ! " et me demande si je suis sérieux ou si c'est une blague. Quand elle comprend que c'est tout à fait sérieux, elle me dit que Yann est plus ou moins son mec. Moins que plus apparemment. En tout cas qu'ils ont une liaison. Le problème c'est que le matin même Yann sortait de mon lit après une nuit passée à se faire sodomiser. Elle et moi, on rigole beaucoup finalement de cette situation surréaliste, l'alcool aidant, et on danse de manière assez ambiguë. Les heures passent et tout le monde part, sauf elle et moi. Yann m'a proposé de dormir chez lui. Le problème c'est que la fille a emmené ses affaires pensant légitimement dormir chez lui aussi. On se retrouve donc tous les trois attablés, Yann complètement engoncé dans son noeud et à devoir décider qui de nous deux reste dormir, coincé dans ses mensonges. Au bout d'un moment, puisque Yann doit choisir et qu'il me redoute plus qu'elle, il demande à la fille de partir...

- Oh... tu as vraiment dû en chier avec celui-là !

- Cet épisode post-rupture résume assez bien ce qu'a été notre relation pendant deux ans. Mais au moins, il ne me trompait jamais avec des mecs celui-là puisque j'étais le seul garçon qu'il était capable d'aimer, soi-disant. Par contre, pour le défilé de poufs, il ne s'est pas gêné.

- My dear, il ne faut plus qu'on tombe amoureux d'hétéros ou de bi, c'est vraiment la plaie.

- Ouais, sûr. Oublie Arthur et ne répond pas à son mail...

Après avoir raccroché, Mathieu finit de débarrasser la table du salon de jardin sous l'oeil vigilant de sa mère. Non, pas de réflexion cette fois-ci : miracle ! Il s'installe avec son livre au soleil pendant qu'elle vaque à ses rangements dans la cuisine, la radio allumée. Tout à coup, il entend une voix qui lui est familière et étrangère désormais. C'est Florian qui s'adonne à sa rubrique radiophonique quotidienne. Yann, Florian, ça fait beaucoup en peu de temps, Mathieu va mettre son maillot pour plonger dans la piscine et oublier ce passé encore douloureux. Il préfèrerait être avec Baron à arpenter les rues de Paris, et, de bar en bar, de rencontres en rencontres, lutter contre les souvenirs en faisant de nouvelles rencontres.
 


   Retrouvailles dans le Marais (7)  1 commentaires
[02/08/2008 3:28]

Finies les vacances en famille, au revoir piscine, plage et tranquillité, le TGV ramène Mathieu vers sa capitale fourmillante, ses rues bourdonnantes, ses visages connus et inconnus.

A peine ses valises déposées chez lui, voilà Baron qui sonne et emporte Mathieu sur Pétunia afin de fêter son retour et de savourer ensemble les odeurs du Marais. Une fois Pétunia garée à Beaubourg, Baron et Mathieu tout excités de se retrouver, descendent la rue Rambuteau et s'apprêtent à faire la tournée des bars. A l'heure des happy hour, il ne se passe pas grand chose, samedi soir ou pas, c'est les verres échangés en toute tranquillité entre amis. C'est après le dîner dans un restaurant asiatique de la rue des Archives qu'il faut choisir le bar et décider du programme. Pas hésitants dans la rue du Temple, le Carré infesté d'ados à la permission de minuit, non merci, le RAID encore vide donc glauque pour le moment, finalement après avoir commencé à arpenter la rue Sainte-Croix, ils se décident pour l'Open, pour changer et s'amusent de l'idée. La moyenne d'âge est d'au moins dix ans plus élevée, l'idée de faire leurs puputes les séduit et ils entrent. Ils s'accoudent au bar en buvant des Gins, un, puis deux, puis repartent après avoir un peu allumé quelques vieux crocodiles convoiteurs. Finalement, ils se décident pour le Tango.

Ils arrivent avant la ruée, quand c'est encore le moment des valses et des danses à deux. Après le Madison, la salle est tout à coup remplie sans qu'ils s'en soient rendu compte. Après plusieurs bières passées à observer et à commenter, d'un côté les vieux travelos, d'un autre, à côté du bar, l'insupportable cercle des animateurs TV du câble, ils détournent leurs regards pour se lancer sur la piste sur Kylie Minogue. Dans la foule dansante, Mathieu a repéré un garçon filiforme tout en noir : jean slim noir, chemise cintrée, ceinture rouge, mèche incontournable, tous les critères susceptibles de plaire à Mathieu réunis, et le garçon semble le regarder, ce qui est confirmé par Baron. Il est accompagné d'une FAP prototypique : boulotte et excentrique à souhait, et d'un garçon plutôt quelconque. Ils ne dansent pas trop loin.

Lassés de danser, Mathieu et Baron passent juste devant eux pour se rendre au bar. Regards croisés. Au bar, Baron se fait prendre en embuscade par ce qui semble être un couple sur la fin de la trentaine, tandis que Mathieu observe le trio sur la piste tout en sirotant sa bière et en laissant traîner une oreille auprès de Baron et de ses convoiteurs. "Je suis avocat" perçoit Mathieu "oui Parisien"... Mathieu sourit gentiment à la transformation de sa vie à laquelle s'adonne Baron quand ça l'amuse. Le couple a droit au discours baronien servi également aux esthéticiennes de son institut : avocat au lieu d'étudiant en droit, Parisien au lieu de New-Yorkais... son accent est si imperceptible qu'il peut se permettre ce mensonge.

Alors qu'il a fini sa bière, le trio qui a quitté la piste, passe devant Mathieu que le garçon à la mèche dévisage. Ils vont s'installer un petit peu plus loin sur des banquettes et la FAP ne cesse de se tourner vers Mathieu tout en parlant avec les deux autres.

Un coup d'oeil à Baron qui semble s'amuser à babiller avec son couple. Mathieu dépose sa bière vide sur le bar puis se dirige, seul, vers la piste de danse tout en fixant le garçon. Mathieu danse. Gagné ! Dès la chanson suivante, il voit le garçon arriver sur la piste sans ses deux acolytes. Il se dirige vers lui. Ils dansent tout en se jaugeant et finissent par se sourire et s'approcher l'un de l'autre. La chanson suivante, leurs corps se trémoussent l'un contre l'autre et le garçon demande à Mathieu dans un anglais fluent "Hey! what's your name?". Présentations faites, le garçon s'appelle Ryan, ils finissent par s'embrasser langoureusement. A la fin de la chanson, Ryan desserre l'étreinte et informe Mathieu qu'il doit retourner voir ses amis mais qu'il revient dans peu de temps. Mathieu, décontenancé par ce départ, reste seul sur la piste le temps d'une danse puis retourne voir Baron au bar qui semble fasciner son couple. Il reprend une bière tout en voyant que Ryan, sa FAP et son faire-valoir ne cessent de parler tout en regardant en sa direction. Mais Mathieu est tout à coup abordé par un blond peroxydé qui vient se planter à ses côtés au bar.

- Bonsoir, dit le blond

- Bonsoir, répond Mathieu, froid et peu engageant

- Qu'as-tu à vendre? lui demande l'autre

- A vendre? s'esclaffe Mathieu. Rien... que crois-tu que je vende?

- Je sais pas... Mmm... de la coke? Toi?

- Ni de la coke ni moi ! répond Mathieu en rigolant.

- C'est dommage. T'es sûr que t'es pas à vendre? Je t'achèterais bien moi ! Et qu'est-ce que tu fais là tout seul?

Mathieu répond qu'il est avec un ami, occupé, et qu'il a déjà une cible. Le blond repart, vexé, dans son tee-shirt en strass tout en disant à Mathieu que s'il change d'avis, il est là. Lassé du petit manège de Ryan qui ne se décide pas à le rejoindre et ne voulant pas prendre part au marivaudage de Baron, Mathieu va s'affaler sur une banquette, sa bière en main. Au bout d'un moment, Ryan se décide à le rejoindre, se colle contre lui et lui murmure à l'oreille qu'il doit partir mais qu'il aimerait le revoir le lendemain ici même à minuit. Mathieu qui travaille le lundi l'éconduit quant au RDV du lendemain et lui propose de ne pas se séparer. Commencent des pourparlers agaçants ponctués par un répétitif "You're so french!" de Ryan qui s'avère être un Australien en vacances à Paris pour trois jours encore. Ryan ne cesse de demander à Mathieu de revenir le lendemain bien que Mathieu lui ait répété qu'il se lève à 6 heures le lundi matin et que c'est impossible qu'il ressorte le lendemain. Finalement, Ryan lui laisse son numéro et lui dit de l'appeler. Ils s'embrassent goulûment avant que Ryan ne rejoigne ses deux acolytes et ne quitte la boîte. Exaspéré, Mathieu rejoint Baron au bar qui lui lance un regard signifiant "help". Baron a tellement babillé qu'il ne sait plus comment se débarrasser de son couple gluant. Mathieu arrive et sans s'occuper des deux autres informe Baron qu'il rentre ce qui permet à Baron de leur échapper. Une fois franchie la porte de sortie, Mathieu et Baron aperçoivent les trois Australiens. La FAP est plantée contre un mur pendant que Ryan et son acolyte sont en train de littéralement se violer contre le mur. Mathieu croise le regard de Ryan et esquisse un sourire moqueur tout en faisant tomber ostensiblement le bout de papier sur lequel Ryan avait noté son numéro.

Baron et Mathieu enfourchent Pétunia et déambulent dans les rues vides de Paris à 4 heures du matin. Mathieu est heureux de respirer à nouveau l'air du Marais et se sent chez lui dans cette ville où le temps de quelques minutes on peut être transporté en Australie. "Sometimes I'm so French" se dit Mathieu dans sa tête.

 


   Du mojito au croissant (8)  0 commentaires
[04/08/2008 0:45]

Depuis que son ami est temporairement en Province pour effectuer son cursus en école de commerce, Mathieu ne voit plus que rarement Hector. Hector, c'est comme le petit frère que Mathieu n'a jamais eu mais qu'il aurait aimé avoir. Tout comme avec Baron, avec Hector, Mathieu s'amuse follement et il peut le voir quasiment au quotidien sans que ce dernier ne l'ennuie ou ne l'agace. C'est grâce à Yann que Mathieu a rencontré Hector : ils étaient en prépa dans le même lycée quand Mathieu était déjà à la fac. Très vite, Mathieu et Hector sont devenus très proches, ont partagé une de ces amitiés qui s'impose, naturellement. Hector est aussi lié à Florian, c'est par son intermédiaire que Mathieu l'a rencontré lors d'un week-end à Paris : ils étaient allés voir ensemble "De l'importance d'être constant" et, a posteriori, Mathieu aurait dû se douter que rencontrer un garçon - qu'il n'aurait alors pas cru être un futur grand amour - à une pièce au titre aussi évocateur ne pouvait être que le signe d'un désastre sentimental à venir. Mais Mathieu ne lit pas le destin comme une fatalité et s'interdit de tout interpréter comme écrit d'avance.

Hector, c'est un petit bout d'homme attachant. Du haut de ses 1m70, il ne passe pas inaperçu. Ses tenues sont toujours savamment assorties et rares sont les fois où il commettrait un impair. Il a un joli petit visage expressif sur lequel se lisent toutes les émotions : de la joie à la bouderie, de l'ennui à l'engouement. Mathieu et Hector auraient peut-être pu être attirés l'un par l'autre mais lorsqu'ils se sont connus, chacun était en couple stable, et Hector l'est encore. La question de l'attirance fut ainsi résolue d'elle-même.

Mathieu se fait une joie de retrouver Hector qu'il n'a pas vu depuis deux mois. Ils se retrouvent autour de mojitos comme à leur habitude afin de se raconter leurs dernières aventures. De mojito en mojito, Mathieu et Hector, un peu ivres, décident d'aller danser dans un bar du Marais.

Ils se dirigent d'abord vers le RAID, rempli ce soir. A l'intérieur, ils se fraient un chemin tout en en jaugeant la population. Hector et Mathieu possèdent chacun son code. Le premier aime les hommes musclés et charpentés, le second préfère les garçons filiformes et androgynes ; différend esthétique qui est à l'origine de titillements réciproques. Alors qu'ils commencent à se laisser emporter par l'ivresse et à jouer leur gentil numéro de pétasses sur la piste, une concentration se fait dans le bar vers la cabine suspendue où commence le strip-tease d'un gogo sous la douche ; une espèce de sac de muscles tout épilé et gélatineux. Pendant deux minutes, tous les regards excités du bar sont braqués vers la douche, sauf celui de Mathieu qui n'a aucun goût pour ce genre de corps trop body-buildé.

Parmi les codes implicites entre Hector et Mathieu, il y a l'entraide en cas d'attaque par un OGVT (Objet Gluant Visqueux et Tripoteur). Quand l'un se fait assaillir avec trop d'insistance par un OGVT, l'autre arrive à la rescousse et tout en dansant prend son ami contre lui et l'écarte de l'OGVT et ils se mettent à danser à deux comme s'ils étaient en couple le temps que l'attaque cesse. C'est l'opération que vient d'accomplir Mathieu alors qu'Hector vient de lui envoyer un SOS du regard. Un ventripotent monsieur commençait à se coller avec un peu trop d'insistance contre le petit Hector. Le danger écarté, Hector et Mathieu continuent leur petit numéro qu'ils vont ensuite poursuivre au Banana Café.

Sur la piste de la cave du Banana, c'est au tour d'Hector de venir sauver Mathieu d'un OGVT. Pas très loin d'eux, un joli brun semble fixer Mathieu avec intensité. Les coups d'oeil lancés semblent de plus en plus explicites, et au moment de Shakira, le joli brun s'approche de Mathieu pour l'enlacer illico. Commence une danse enflammée entre Mathieu et le beau Vincent qui, avec une indécence assumée, s'emballent sauvagement sur la piste. Vincent soulève même puissamment Mathieu et le colle contre un mur.

A 5h30 du matin, Hector qui part prendre un taxi pour retrouver son petit ami avec l'aube, laisse Mathieu avec son charmant compagnon du soir. Vincent est en vélo mais n'habite pas loin et propose à Mathieu d'aller chez lui et de le suivre en Vélib. En bas de chez Vincent, ils trouvent une boulangerie ouverte dans laquelle ils s'arrêtent afin de prendre quelques croissants pour bien commencer leur nuit. Vincent habite dans un studio design au dernier étage d'un bel immeuble du 2e arrondissement.

Tout est parfait : la décoration, la musique, les croissants, le café, le joint qu'il lui offre,  la manière sensuelle dont il lui fait l'amour. Ils s'endorment l'un contre l'autre sur un air de Massive Attack. Quand Mathieu se réveille, vers 13 h, il se rend compte qu'il n'est pas dégoûté de regarder l'autre dormir comme c'est souvent le cas après un coup d'une nuit trop ivre où le réveil gueule de bois est souvent synonyme de désenchantement glauque. Il se rhabille et ne sait pas trop comment gérer son départ. Vincent est agréable, ils discutent un peu et Mathieu signifie qu'il va partir. Aucun signe de la part de Vincent, s'appelle-t-il bien Vincent d'ailleurs? Au moment de franchir la porte, Vincent lui fait un smack et lui lance un "A bientôt" illusoire. Et lui et Mathieu savent bien qu'il n'y aura pas de "bientôt".

Mathieu dévale les marches et une fois dehors, trouve un Vélib. Alors qu'il rentre, ébloui par le soleil, Mathieu regrette d'être parti sans même avoir tenté de laisser à Vincent son numéro de téléphone. En pédalant dans les rues de Paris, Mathieu se rend compte que c'est peut-être aussi ça l'amour, une jolie rencontre qui restera empreinte de perfection dans le souvenir car le temps n'aura pas eu le temps de la tacher et de la défaire.



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